Démarches, techniques, comment les œuvres du musées voyagent et exportent sa renommée.

La « baignoire en sabot » en grès signée du potier Jean Girault (1817) avant son départ pour le musée de la poterie à Henrichemont

Chaque année, le musée consacre une partie de ses activités aux prêts d’œuvres de sa collection. 231 pièces ont ainsi été prêtées en France et en Suisse. Un grand temps de préparation est toujours nécessaire et indispensable avant leur départ.

Constat d’état
Avant tout accord de prêt, le musée s’assure de l’état de l’œuvre et s’interroge sur les éventuels risques que pourraient causer son transport et sa manipulation. Chaque œuvre, de par ses matériaux, sa technique de réalisation, sa forme et sa datation, présente des particularités et des fragilités plus ou moins importantes. Le conservateur et le régisseur prêtent une grande attention à l’analyse des œuvres comme ce fut le cas pour la « baignoire en sabot » en grès signée du potier Jean Girault (1817). Demandée par le musée de la poterie à Henrichemont, cet objet de grande dimension a été présenté d’avril à novembre 2019. L’observation et la prise de photographies sont complétées par des annotations qui renseignent sur l’état de conservation de la pièce (taches, rayures, lacunes…). Ces constats accompagnent les collections à leur arrivée dans la nouvelle structure, sont comparés à leur retour à Issoudun.

Dossiers de prêts
Les dossiers administratifs se constituent dès la demande accordée : courriers, conditions d’exposition et de prêts, convention de prêt, vérification de l’attestation d’assurance, envoi de visuels. Pour les prêts à l’étranger, des attestations de sorties de territoire sont nécessaires comme ce fut le cas pour les 67 œuvres de la collection de Zao Wou-Ki prêtées en Suisse au musée de Pully (avril/novembre 2019- cf le Pays d’Issoudun n°245).

L’encadrement
Le musée conserve de nombreuses œuvres graphiques, dessins ou estampes sur papier, dans ses collections. Par mesure de conservation, ces œuvres sont prêtées encadrées. Le musée de la Châtre a consacré de juillet à septembre une grande exposition à Cécile Reims et emprunté 139 œuvres à Issoudun. Tous ces encadrements ont été faits par le musée au sein de l’atelier des réserves.

Le conditionnement
L’étape du conditionnement permettra aux oeuvres de voyager en toute sécurité. Les cadres font l’objet d’un tamponnage. Ce terme définit un emballage en trois couches : une couche protectrice neutre constituée de produits qui n’altèrent pas les oeuvres (papier de soie ou tyvek), une couche pour éviter les vibrations (bullepack) et une couche pour éviter les impacts (carton triple cannelure et cornières en mousse). Pour les œuvres en volume, une caisse est fabriquée aux dimensions et capitonnée de mousse évidée à la forme de l’objet. Tous les matériaux qui sont en contact directe avec les œuvres sont adaptés à la conservation préventive. Deux poupées kachina d’Amérique du Nord ont ainsi été prêtées à l’écomusée du Véron à Savigny-en-Véron (avril à novembre 2019) pour leur exposition « La Constellation du Capricorne ».

Vue de l’exposition « L’Oiseau qui n’existe pas » au collège de Toury

Un projet particulier s’est monté en début d’année avec le collège Louis Blériot de Toury (Eure-et-Loir). Situé en milieu rural, l’établissement souhaitait montrer des œuvres originales à leurs élèves. Le musée a prêté 18 estampes sur le thème de la métamorphose de l’animal en poésie, avec des œuvres de Zadkine, Manabu Kochi et Cécile Reims. En dehors de leur présentation, le musée et l’équipe du collège, ont souhaité abordé concrètement avec les élèves l’organisation et la scénographie d’une exposition. Les différentes procédures sur les prêts ont été abordées, en plus des étapes du montage d’exposition auquel les élèves ont participé. En un mois d’exposition, ce joli projet a ainsi touché 650 personnes : élèves, professeurs, EHPAD, publics extérieurs.

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