André Laignel salue la mémoire d’un homme qui a humanisé et modernisé la justice et défendu les droits humains.

Robert Badinter lors se venue à Issoudun pour l’inauguration du tribunal (devenu aujourd’hui le Pôle d’Activités Tertiaires Les Ruches) le 19 février 1982, en compagnie d’André Laignel (PHOTOGRAPHIE : Centre de la Mémoire, Médiathèque d’Issoudun)

 » La disparition de Robert BADINTER est la perte pour le combat des libertés et l’égalité, la perte d’un humaniste et d’un Homme de Gauche, la perte du combattant de l’antisémitisme et de toutes les formes de discrimination.

Il a accompagné un basculement : HUMANISER et MODERNISER la Justice comme ministre de François MITTERRAND.

Quand je dis HUMANISER, je pense évidemment à une grande période de réformes de la justice avec :

1.       l’abolition de la peine de mort le 18 septembre 1981 : par 363 voix contre 117.

2.       la suppression des tribunaux d’exception. (En avril 1982, après avoir fait abroger la «loi anti-casseurs » de 1970, Robert Badinter parvient à faire supprimer ces juridictions d’exception que sont les Tribunaux permanents de forces armées, dernières traces des soubresauts du conflit algérien.)

3.       la suppression des QHS, Quartiers de Haute Sécurité, par la circulaire du 26 février 1982

4.       la dépénalisation de l’homosexualité le 4 août 1982 : ce combat de Gisèle HALIMI et Robert BADINTER qui faisaient voter l’abrogation de la loi de Vichy. J’ai un souvenir ému de la circulaire de Gaston Defferre qui alors rappela aux préfets et à la police cette abrogation. Je me souviens avoir véhiculé des registres nominatifs qui avaient fiché les homosexuels indriens. Gaston DEFERRE a organisé la destruction de ces registres de la honte homophobe.

5.       une série de réformes pour l’amélioration de la vie des détenus à partir de 1982.

Avec Robert BADINTER le temps n’était pas celui de l’inflation des textes et des lois mais l’abrogation, la dépénalisation pour garantir les droits humains… Face à une justice alors indigne, l’humanisation était le combat mené il y a plus de 40 ans.

J’ai en souvenir grâce à mon ami Raymond Forni, une inscription rapide à l’ordre du jour de l’Assemblée permet le vote du TIG, Travail d’Intérêt Général. Je me souviens, alors parlementaire de l’Indre, d’amendements et de sous amendements rédigés en soirée avec Jacques Toubon, et Philippe Séguin. Ce texte parlementaire, avant de devenir une loi, a été un moment d’alliance. Ce texte a été un moment de progrès et de cohésion.

Robert Badinter, que j’ai eu le plaisir et l’honneur d’accueillir à Issoudun le 19 février 1982 pour l’inauguration du Tribunal nous a enseigné que :

« La prison assure à la fois la douleur du châtiment et la protection de la société » et également…. Qu’« il ne peut y avoir de prison heureuse. Mais je crois possible une prison qui ne soit pas ni inhumaine, ni infantilisante, qui ne sécrète pas la désocialisation ».

Je pense à son épouse et toute sa famille qui perdent un être cher. Je leur adresse toute mon affection et mes sincères condoléances.

La France perd aujourd’hui un serviteur de la République mais la Conscience de Robert BADINTER, par ses combats, a ouvert des conquis sociaux, des avancées historiques. Cette Conscience est plus que jamais, pour chacune et chacun, un cap : celui de notre part d’Humanité. « 

André LAIGNEL

Robert Badinter lors se venue à Issoudun pour l’inauguration du tribunal (devenu aujourd’hui le Pôle d’Activités Tertiaires Les Ruches) le 19 février 1982, en compagnie d’André Laignel (PHOTOGRAPHIE : Centre de la Mémoire, Médiathèque d’Issoudun)

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