Tourisme à IssoudunTourism in Issoudun

Accueil / Culture / En résidence / Jérôme Poret

Culture

Jérôme Poret

Jérôme Poret a été accueilli en résidence d’artiste à Issoudun, du 6 août au  6 novembre 2011. Âgé de 42 ans, il est originaire de la banlieue parisienne. Il a été dans les années 90 étudiant à l’École des Beaux Arts de Bourges. Ensuite avec l’association Emmetrop, il a fondé le Transpalette espace d’art contemporain de la Friche Culturelle L’Antrepeaux  devenu depuis  Centre d’Art à Bourges . Il a réalisé, conçu et régi sa programmation pendant presque 10 ans. Il a initié également un label de musique qui fait côtoyer des artistes tant sur le plan visuel que musical sur support vinyle à partir de 2005. Il vit à Berlin depuis quelques années et travaille dans des contextes et lors des invitations spécifiques autour du champ sonore particulièrement.

Jérôme, quel a été votre parcours ?

J’ai fait l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Bourges de 1989 à 1994. Je ne suis pas originaire de la Région Centre. Assez rapidement, j’ai travaillé de manière bénévole d’abord avec une association qui s’appelle Bandits-Mages dans le cadre du festival de vidéo. J’ai travaillé  par la suite également pour Emmetrop. Je me suis rôdé à la programmation et à différentes formes d’expérimentations. Je me suis très rapidement intéressé à la performance, car j’en faisais moi-même. 

La scène était un espace que j’aimais énormément et j’y ai formé un regard et une écoute. Très rapidement, à partir de 1997-1998, avec eux je décide de mener une expérience qui va s’appeler «Le  Transpalette ». C’est un lieu d’exposition, qui existe toujours. Un lieu un peu particulier, une usine désaffectée, que, petit à petit on a pris d’assaut au fur et à mesure des envies et des nécessités d’espaces : pour des soirées, pour réaliser des aménagements liés au théâtre amateur, pour des résidences et des expositions. Ce qui m’intéressait dans ce bâtiment, c’est que son architecture particulière offrait tous les points de vue de la modernité : la circulation, la plongée, la contre-plongée, l’architecture fonctionnelle etc.. . Tous ces éléments déterminés par l’infrastructure en béton, devenaient une espèce de « machine outil du regard ».

Après ce parcours qui se situe plus du côté du commissariat d’exposition comment se développe votre carrière d’artiste ?

La première expérience d’exposition solo s’est faite en 2004 avec le FRAC des Pays de Loire, sous la direction de Laurence Gâteau, qui m’a fait une confiance énorme et  m’a lancé, il faut bien le dire. Au début, j’étais parti pour lui proposer une exposition collective sur les questions du son. Une thématique qui est aujourd’hui complètement dans l’air du temps depuis deux, trois ans. J’avais envie de faire cette expo avec des gens que j’appréciais déjà beaucoup à l’époque, comme Dominique Petitgand et Pascal Broccolichi qui sont un peu mes aînés. Depuis, nous avons exposé ensemble et avons créé une longue histoire d’amitié. J’avais envie de faire ce que je savais faire, c’est-à-dire du commissariat, comme je faisais avec Transpalette. Mais la rencontre avec Laurence Gâteau a été déterminante. Elle m’a dit cash « pourquoi pas toi ? ». Ça s’est lancé comme ça.  Au même moment , le second élément a été le Confort Moderne à Poitiers.

Un espace original à la fois salle de spectacles et lieu d’exposition,  donc toujours très lié à l’univers du rock , du son…

Oui, tout à fait. Pour le Confort Moderne, Yann Chevalier m’a proposé de faire un hommage à un artiste que j’ai rencontré à Bourges, juste après mes études : « Steven Parrino ».  J’ai découvert un univers où l’on était à la fois dans le champ de l’art et le champ du rock, mais débarrassé de ses espèces de « gimmicks  poppies » que je déteste et qui sont le fait  de gens qui n’ont pas de réelle culture de cette confrontation artistique. Ils aiment frôler le rock simplement parce que ça fait chic et bon genre. J’ai beaucoup d’amis musiciens. Ils ont une vraie relation de vie avec le rock, mais aussi avec ce qui les inspire et qui est profondément cultivé dans le rock. Ce qui n’est absolument pas le cas dans le milieu de l’art. J’ai donc un certain mépris  - on peut le dire - pour ceux qui « popérisent » à tout va. Je suis très vigilant et très agacé avec ça. Avec Steven, on n’était pas du tout dans ce cas-là. Ça a été pour moi une rencontre importante.

Donc, à cette époque, où j’avais encore cette casquette de directeur  artistique, nous avons eu l’idée avec Yann Chevalier du Confort Moderne, de rendre mitoyens nos deux anniversaires car c’était les 20 ans des deux associations. On avait imaginé une programmation collatérale à un an d’écart. On pensait inviter Steven Parrino. Il faisait partie des artistes qu’on appréciait en commun. Malheureusement, il s’est tué en moto le jour de l’an 2004. Du coup, tout tombe à l’eau. On ne pouvait plus faire sortir quoi que ce soit, pour des problèmes d’ayant-droits, des histoires d’assurance et… l’envolé du marché ! Yann m’a donc dit « Pourquoi tu ne lui rendrais pas un hommage ? » : j’ai ainsi fait ma première perf’ à la basse, à ce moment-là.

Vous vous êtes installé à Berlin en 2007, pourquoi ce choix?

Je dirais que j’ai rencontré Berlin très tôt, en 89. Avec des amis et ainés musiciens, j’étais allé voir un groupe allemand qui s’appelle Einstürzende Neubauten que je ne connaissais absolument pas. Une rencontre pour moi vraiment… ça a été un rite d’initiation où le réel avec la ville côtoie l’Histoire à tous les coins de rue avec le mur à peine détruit. Le collapse tant hurlé par les instruments de ce groupe était un écho sourd avec le passé très présent. C’était très émouvant, tonique et ferme. J’y suis retourné par la suite plusieurs fois. J’ai donc toujours aimé cette ville, même si ce qui se passe aujourd’hui m’effraie. Elle reste un symptôme de l’Histoire. Au moment où j’ai eu envie d’arrêter la programmation d’exposition et de m’occuper de moi, il fallait trouver un endroit où m’installer, c’est devenu une évidence.

Alors, après cela, comment s’est passé votre retour dans le Berry avec cette résidence ?

Une amie proche qui vit à Bourges m’a envoyé l’appel à candidature et je pensais justement pendant quelques temps me consacrer à des résidences. C’est vraiment un format qui me plaît : s’inscrire dans un paysage, dans un territoire, dans ce rapport social, affecté, politique etc.. . Ce sont des données qui me sont importantes pour travailler.

Je  me suis rappelé cette figure du Musée du Berry à Bourges de pleurant (*). Il y en a un en particulier qui m’a marqué : il a les mains jointes sur le visage, faisant disparaître à la fois le genre et la fonction sous le drapé. On ne voit plus que le vêtement qui le signifie. J’ai trouvé ça extrêmement beau. Déjà à l’époque,  ça m’intriguait. Aujourd’hui, il arbore le calicot du musée et devient un peu le fanion de la ville et de sa représentation patrimoniale. Il est devenu une sorte  de « souvenir – goodies » que l’on peut acheter. Je suis parti de cette réplique pour travailler.  Aujourd’hui sa charge sculpturale disparaît au profit de son image. Cette « charge-objet » je vais la retrouver ailleurs avec un groupe de Drone rock (1) : « Sunn O))) » qui sont sur scène en manteaux long et capuchons complètement enveloppés. Stephen O Malley un des deux leaders, parle de volonté de faire disparaître les egos de chacun sur scène en se recouvrant totalement. A chaque concert il y a une multitude d’invités différents. Ainsi personne ne sait qui fait quoi. C’est une façon de casser la figure iconique de la rockstar qui se montre avant même de jouer. Une volonté dans leur gestuelle de prendre la scène comme un moment ritualisé. Dans leur côté erratique, on a quelque chose qui rejoint complètement la statuaire des pleurants qui fait écho à cette musique que l’on appelle donc « Drône ». Une musique où le spectrale et la physicalité sonore se forment avec des infrasons et des infrabasses tout en restant dans une lithurgie rock. Il y a un pouvoir d’abstraction incroyable tout en étant de la pure matière concrète de guitare.

Puis, entre les deux, il y a eu une espèce d’ellipse que j’ai fait avec l’œuvre de Richard Serra qui avait eu deux commandes des monuments historiques au milieu des années 90 en France. L’une pour la Chapelle-Saint-Eloi - Saint Patron des forgerons - et l’autre pour le monastère  de Brou  abritant le tombeau de  Philibert le Beau et sa femme Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie. L'artiste américain dont l'oeuvre procède du "process art"(2), a crée pour la première : un octogone en « acier corten » face à l’entrée de la Chapelle sur la place de l’église. La forme étant une allusion à la découpe des baptistères romans. Pour le second : deux blocs métalliques de forme parallélépipédique dont les proportions ont été déterminées d'après la hauteur des arcades du cloître et sur la base de l'ancienne unité de mesure dite "pied de Savoie" qui préside à la construction de l'ensemble du bâtiment. Dans les deux cas, on est sur des bâtiments d’ordre religieux, qui ne sont plus consacrés. Ce sont en quelque sorte des friches industrielles, classées patrimoine historique et « touristatisés » (rires).

On se retrouve avec des parallélépipèdes brut débarrassés de tout artefact. Ils deviennent des formes essentielles « mise à nu ». De la statuaire elles en sont dégagées et deviennent leur propre référant. Cette séparation entre le socle et la sculpture est l’un des enjeux majeurs du XXe siècle. Elle a été initiée entre autres par des artistes comme Rodin suivie de Brancusi. Rodin avait un pleurant acéphale dans son atelier et c’est ce qui va l’inspirer pour faire le Balzac. Une de ses premières études du Balzac était sa robe de chambre plongée dans le plâtre.

La figure du pleurant n’a pas de socle propre. Elle était directement « pluggée », branchée sur le gisant des ducs de Berry. Détachée de lui, elle perd sa nature même et sa fonction d’origine pour en trouver une autre aujourd’hui en devenant une image publicitaire représentative d’un patrimoine et de sa mémoire.

Le rapport à Serra  et le groupe de rock américain : c’est les amplis qu’ils utilisent sur scène et donne le nom du groupe. Des parallélépipèdes qui diffusent et produisent une expérience sonique hors du commun. On dit d’ailleurs un corps et une tête d’ampli. L’allusion anthropomorphique est directe. En anglais on dit « cabinet » et «  amp head ». Le corps du spectateur est celui des musiciens sont dans le même bain de puissance sonore. Le spectateur face à la physiqualité de l’œuvre de Serra idem. J’ai fait une sorte de boucle en revenant sur ce type de posture : l’expérience du corps, la perte de l’identité et la fonction de la statuaire. La bure revient sur la scène face à leurs socles: les amplis.

L’idée étant de travailler ces entités sculpturales et de réaliser des images voir des icônes sculptées en interrogeant ses codes, son histoire et ses usages qui les définissent à l’image. On est sur des objets qui sont plutôt de l’ordre de la présence affectée et de l’évocation silencieuse.

Vous avez fait le choix d’une matière très locale, puisque vous avez décidé de faire la réplique du pleurant en cuir ?

Oui. Au départ je me suis posé la question de savoir si je le faisais en pierre ou pas. Et je ne voyais pas très bien l’intérêt de faire ou d’acheter une copie et je ne voulais pas attaquer la sculpture par la vacuité sacralisée du « readymade ». Au contraire, je voulais faire un objet beaucoup plus lié à une sorte d’enchantement et de hantise. Un territoire beaucoup plus alchimique en fait.

En me penchant sur l’histoire d’Issoudun, je me suis aperçu qu’il y avait cette tradition du cuir et des tanneurs. Il y avait une économie qui était là. Elle a existé un certain temps et subsiste aujourd’hui par d’autres intermédiaires comme Vuitton et par le lycée professionnel Jean d’Alembert avec sa section d’arts appliqués autour de la maroquinerie et du vêtement. Il m’a semblé intéressant de travailler avec ces éléments qui font partie intégrante de la ville, et d’imaginer notre pleurant  dans une autre échelle où d’un seul coup il s’agit bien d’un vêtement qui est porté. Le vêtement va être son identification. Il va prendre une autre dimension, beaucoup plus spectrale ou fantomatique. Le choix de la matière étant déterminé pour s’approcher au plus prêt de celle des pendrillons (3) de scène.

Le pleurant n’est pas seul, il est mis en œuvre dans une installation…

Oui il y aura trois objets et un dessin. Ce dernier est un prélèvement sonore de la Malterie à Issoudun  qui fonctionne en permanence et fait partie intégrante du paysage sonore de la ville comme un « drone ». Il est travaillé par  filtrage comme pour des logiciels pour le son mais sous un logiciel pour l’image avec des calques spéciaux qui servent au Mangas. Certains comme les « speeds-lines » sont des formes de traçages permettant d’exprimer une sensation de vitesse ou émotive à l’intérieur de la case du dessin ou encore d’occuper l’arrière plan par une saturation graphique. Ce dessin qui s’appelle « White Noise » fait référence au « Bruit Blanc », une fréquence particulière employée  par les acousticiens pour faire des prélèvements au sonomètre dans les bâtiments qui doivent être insonorisés. On a une sorte de « sonogramme » (4), à la verticale qui prend d’assaut le noir. C’est un procédé de digigraphie, un traçage à jet d’encre comme pour un dessin mais pour l’image. Un fichier dessiné sur support papier photo. C’est aussi le nom d’un groupe anglais fin des années 1960 précurseur de la musique dite industrielle de la fin des années 70 et début des années 80.

L’autre élément important est la réplique d’un « Ampli basse AMPEG »  à l’échelle 1, qui est un peu l’ampli légendaire et mythique du rock : massif, gras, rond et abrasif.  Un ampli qui sera silencieux, évidé, sans ses hauts-parleurs. En lieu et place on trouvera huit lampes qui manifesteront la présence de ces speakers qui ne sont plus là. On aura une forme d’orgue de lumières. L’intérieur est recouvert d’une mousse acoustique garnie d’une toison de clous pour vêtement en cuir. Un objet relativement séduisant à l’œil et répulsif en même temps. Un objet empruntant au «  sarcophage de Nuremberg » (5) et à la « chambre anéchoïque » (6). Mais aussi  pourquoi pas un mélange entre  la masse des blocs de métal de Richard Serra qui épouse le vide des pièces de Eva Hesse (7).

Le  grill la partie qui protège et calfeutre la façade de l’ampli est pausé à côté de la réplique de l’ Ampli basse AMPEG . Lui aussi dans une forme de scénarisation dont les découpes sont  comme des orbes lumineuses. Il forme une sorte de châssis et de toile de tableau.  Un mixage de « support surface » (8) et de « Neo-Geo » (9) ... (rires).  

Propos recueillis par Yan Defrasne 

*NDLR : On peut en voir deux au Musée de l’Hospice Saint-Roch.

Notes: 

(1) Le drone est un genre et style musical faisant essentiellement usage de bourdons (appelés « drones » en anglais), utilisant des sons, notes et clusters maintenus ou répétés. Il est typiquement caractérisé par de longues plages musicales présentant peu de variations harmoniques.Parmi les musiciens ou groupes ayant exploré le drone depuis les années 1960, on peut citer Theater of Eternal Music, Charlemagne Palestine, Éliane Radigue, Kraftwerk, Klaus Schulze, Tangerine Dream, Robert Fripp et Brian Eno, Robert Rich, Steve Roach, Stars of the Lid, Earth, Coil, Sonic Boom, Phill Niblock ou Sunn O))).  (Extrait de la définition sur wikipedia)

(2) Le Process Art n’a jamais réellement recouvert un mouvement, même informel. Il s’agit plutôt, à partir des années soixante, d’une posture visant à exposer le matériau pour ses potentialités propres. Les assemblages autostables de plaques d’acier de Serra sont à cet égard exemplaires : appuyées les unes sur et contre les autres, les plaques se maintiennent grâce à leur poids et leur résistance. Certains, telle Eva Hesse, utilisèrent des matériaux mous (latex, argile) conservant la trace des gestes de l’artiste, ce qui valut au Process Art, taxé d’artisanat (à propos du Process Art dans le CD-ROM " ART "/RMN)

(3) Un pendrillon ou pendillon ou TAPS sont des rideaux de théâtre de faible largeur (2 à 6 mètres), souvent en velours noir, qui servent à cacher les coulisses. 

(4) Un sonogramme est une représentation temps-fréquence d'un signal sonore, calculée en général grâce à une transformée de Fourier, avec le temps en abscisse et la fréquence en ordonnée.

(5) C'était une cage cylindrique de lames de fer brillantes maintenues par des cercles. L'intérieur en était garni de pointes acérées. (Extrait de "La Comtesse Bathory" par Elric Warrior)

(6)  la « chambre anéchoïque acoustique » (appelée aussi « chambre sourde »), qui est une chambre recouverte de dièdres (parfois de polyèdres) constitués généralement d'un matériau poreux (mousse polymère, fibres de verre) absorbant les ondes sonores.

(7) Eva Hesse est une sculptrice américaine d'origine allemande. Elle appartient à l" Anti-Form " ,mouvement d'art des années fin 60 qui regroupe des Américains tels que Robert Morris, Bruce Nauman. En France certaines de ces œuvres sont exposées dans la collection permanente du musée Beaubourg.

(8) Supports/Surfaces est un mouvement artistique qui fut l'un des groupes fondateurs de l'art contemporain français, tant en peinture qu'en sculpture. « L'objet de la peinture, c'est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu'à eux-mêmes. Ils ne font point appel à un "ailleurs" (la personnalité de l'artiste, sa biographie, l'histoire de l'art, par exemple). Ils n'offrent point d'échappatoire, car la surface, par les ruptures de formes et de couleurs qui y sont opérées, interdit les projections mentales ou les divagations oniriques du spectateur. (Extrait de la définition sur wikipedia)

(9) Le Néo-Géo est un mouvement artistique ayant émergé dans les années 1980. C'est l'abréviation de Neo-Geometric prônant l'utilisation d'objets domestiques comme matériaux sculpturaux. Combinaison de  motifs organiques et géométriques ainsi que les formes ornementales empruntées à l'histoire de l'art décoratif. Les formes sont dupliquées et répétées. les toiles revendiquent un caractère à la fois décoratif et méditatif.
(Extrait de la définition sur wikipedia)

 

Nous contacter |Espace presse |Liens |Rss |

© Ville d'Issoudun 2010 |Crédits|Mentions légales